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Le verbe du bonheur
Le verbe du bonheur Avant que tu ne vins, J'avais le cœur qui chantait à tue-tête, Sans prendre un instant de silence Pour répit et soupir. Etais-je pinson ou rossignol Tourterelle ou bécasse ?
Je chantais mes odes à l'amour Les louanges les plus beaux Les hymnes les plus sacrés, Le lyrisme le plus transi. Depuis il s'est tu. Les poèmes d'amour se déversaient Et abondaient en déluges sous ma plume.
Aujourd'hui, le passé est à hier, N'est-il pas mort Et n'a-t-il pas emmené Quelque part on ne sait où Ses fredaines dont il me soûlait?? Plus d'amour ne s'écoule Désormais
de ma plume, Qu'une liste interminable De vieux proverbes pinçants Grincheux, drôles et sages Garnis de vérité et de simplicité, A me faire mourir de rire Recueillis
dans un panier, Et vient prendre place depuis, Balayant tous les larmoiements Des longueurs des violons, Ou de tous les chants monotones Ronflant sur l'amour leur inépuisable vénération! Le cœur m'est-il absent pour autant? Non, le mien a trouvé sa paix, Le grand bonheur serein, Dans mon amour avec toi. Il n'est plus besoin de le chanter, Il n'a pas de se chanter, et, pour puiser
dans les proverbes Voici une bonne leçon à bien retenir : " Pour vivre heureux, vivons cachés." Braves gens n'oubliez pas, Il est un chant qu'on ne fait qu'en sourdine:: Le bonheur qui se vit dans la profondeur.
Marie-Jeanne BORDAT
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